Mot du président

Amis régatiers,

Nous avons traversé deux saisons difficiles. Les règles sanitaires et les interdictions de déplacements ont posé un nombre important de problèmes d’organisation aux clubs de voile.

Malgré cela, la Classe micro a réussi à maintenir une activité soutenue dès les moindres signes de relâchements sécuritaires. Preuve supplémentaire de l’agilité et du dynamisme de notre Classe.

Rester à la maison n’a fait qu’accroitre notre envie de nous retrouver.

Et c’est précisément cet état d’esprit qui anime mon action en tant que Président de la Classe : vous permettre de vous retrouver le plus grand nombre partout où cela est possible.

Pour ce faire, je sais que je peux compter sur la formidable équipe de bénévoles dispatchée sur toutes les ligues de France. Dispatchés mais pas dispersés pour autant. Et sur l’équipe restreinte mais hyper efficace du Comité Directeur qui montre, jour après jour, son attachement au Micro. Je tiens à remercier ici l’ensemble des bénévoles, sans qui notre série ne serait pas en expansion en ce moment.

Dans ce contexte, j’aimerais vous faire part des directions que je souhaite voir prendre par la Classe Micro dans les prochaines années, fruits de réflexions issues de 35 ans de pratique.

Relance des grands championnats

Le premier principe est la relance des grands championnats par la relance de la pratique locale.

Demander à des coureurs de faire des milliers de kilomètres pour se retrouver tous les mois sur de gros championnats ne peut pas être un programme pour tous les pratiquants. Si celui-ci correspond à une petite partie de nos adhérents, il m’apparaît plus adapté de grossir les flottes de Micro au niveau local et de motiver les équipages pour remettre à l’eau les bateaux qui attendent sur les remorques.

Ce premier niveau de régate, premier par la localisation, pourra susciter des envies de pousser plus loin en participant à des régates nationales et enfin, à des compétitions internationales.

Je souhaite donc promouvoir le développement des titres régionaux basés sur les résultats de régates par bassins géographiques.

Un découpage par Ligue me semble assez adapté. Ces dernières ont toute autorité et compétence pour organiser ces compétitions avec les clubs intéressés. MicroClass France se doit de les interpeler et de les aider en les accompagnant.

Développement des classes par type de Micro

Le second axe est le développement des classes par type de Micro. Il n’échappe à personne que certaines séries de Micro ne naviguent plus beaucoup ces dernières années. Pourtant, ces bateaux sont encore en bon état et peuvent toujours servir. Il est dommage de les délaisser.

Si un Croiseur n’a que peu de chances de gagner en temps réel par rapport à un Régate ou un Proto, il est toujours possible de courir entre Croiseur, Régate et Proto. Chaque premier est vainqueur de sa série. MicroClass France s’est toujours tenue à proclamer les résultats pour chaque série mais les raccourcis dans la presse vont bon train et les résultats des plus rapides sur l’eau ont souvent estompé les résultats des moins rapides… Ce qui n’est pas équitable d’un point de vue sportif. Un effort va être fait pour redonner toutes les lettres de noblesse aux bateaux de série.

L’arrivée des Flyer sur le marché des Croiseur et Régate a considérablement accéléré la fin de vie des Micro d’origine. Si le développement de cette très belle flotte est un point très positif dans le renouveau actuel de la Classe Micro au niveau européen, elle pose un problème existentiel aux anciens bateaux de série. Si le Neptune s’en sort assez bien, les autres ont quelque peu accusé le coup.

C’est pour cela que je tiens à ce que la Classe finalise l’idée de Micro Origine et Vintage pour rééquilibrer les chances entre les générations.

En créant des classements tenant compte des capacités réellement constatées des flottes, il est possible de recréer un espace pour les séries d’origines comme les Neptune, les Microsail, Jouet 550, First 18, Micro Challenger, Gem, Sail Art ou encore Edel 5… Il y a un réel potentiel de développement de l’activité en remettant en route les anciens Micro Origine qui dorment de-ci de-là sur leur remorque. Il faut les retrouver, les identifier et les inciter à reprendre du service. Un recensement des bateaux est nécessaire. J’appelle tous les intéressés à faire remonter les informations vers MicroClass France et à essayer de prendre contact avec les propriétaires.

Faire évoluer la jauge vers plus de simplicité

Troisième point du programme : Pour aider à la relance des flottes, anciennes, actuelles ou à venir, il me semble nécessaire de faire évoluer la jauge vers plus de simplicité. Construire un Proto est encore accessible pour beaucoup d’amateurs éclairés mais trouver un chantier ayant envie de se lancer dans la construction d’un nouveau Micro de série est autre chose. La jauge est compliquée. Voire inutilement compliquée. Si elle est et doit rester garante d’équité entre les coureurs, il est possible de libérer quelques contraintes pour permettre quelques innovations peu coûteuses. Je prends comme exemple la jauge des lattes de foc ou de GV qui brille par sa complexité. Autoriser tout type de lattes apporterait de la facilité lors de la jauge, permettrait aux maîtres voiliers d’essayer des combinaisons nouvelles sans risques majeurs : celui qui veut mettre 10 lattes dans sa GV ou son foc, mélanger des lattes normales avec des full batten pourra essayer. Cela sera plus lourd, bloquera probablement la forme de sa voile et entrainera sûrement des effets négatifs qui contrebalanceront les effets positifs. Mais il faut se rappeler qu’à l’origine, les Micro se voulaient être un laboratoire d’innovations à moindre frais… Et si nous avons bloqué la jauge et son évolution, nous avons donné aux Mini 6.50 le rôle de laboratoire que nous incarnions. L’activité intense de cette Classe nous montre que l’innovation n’est pas une valeur forcément bloquante. A nous d’en définir des contours acceptables. Il nous faut mener rapidement une réflexion permettant une simplification de la jauge : lattes et volumes intérieurs me semble nécessaire dans un premier temps. Le bureau de l’IMCCA étant sur le point de se renouveler en profondeur, c’est peut-être le bon moment pour se lancer dans ce travail.

Autres pistes de réflexion

Pour finir, je ne citerai que les dernières pistes de réflexion à mener comme la mise en place d’entraînements avant les grands rassemblements mais aussi, si les compétences locales prennent le rôle comme cela arrive régulièrement, sur les régates au niveau local. MicroClass France se doit de promouvoir ces initiatives et ces séances de travail collectif qui donneront à certains des envies plus grandes de compétitions .

Dernier point déjà lancé : la communication. MicroClass France va mettre en ligne un nouveau site entièrement repensé pour à la fois diffuser des informations aux adhérents mais aussi pour permettre des échanges aisés entre membres. Si le Forum permet un certain nombre d’échanges forts instructifs, le site de MicroClass France pourra permettre notamment, en plus de la diffusion d’une image de qualité, la mise en relation aisée entre membres et un accès à une Bourse aux équipages, voire une page dédiée aux offres de prêts de bateaux sur des compétitions. Mais je ne souhaite pas dévoiler le contenu de ce nouveau site que nous allons confier à un prestataire pour accéder à une plate-forme vraiment efficace.

Comme vous le voyez à travers ces quelques lignes, MicroClass France a de nombreux objectifs à atteindre. Chacun de ces objectifs a pour but de développer notre belle série.

Nous avons besoin de vous pour y arriver.

Vous trouverez sur le site le calendrier des réjouissances pour cette nouvelle année.

Un Mondial qui s’annonce magnifique en Italie, de belles Euro Micro en pagaille et des régates dans (presque) toutes les Régions.  Il y en aura pour tout le monde. Amusez-vous !

Je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente saison 2022.

Bruno Dossat

Président de MicroClass France

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