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Construction d’un Proto MICRO

Présentation – Rémi NOBILEAU, et son micro proto

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une personne que j’ai eu la chance de rencontrer récemment : Rémi NOBILEAU

Derrière le personnage se cache quelqu’un de particulièrement attachant, un véritable « géo-trouve-tout » des temps modernes, passionné, créatif, et profondément amoureux du Micro.

Son histoire avec cette jauge ne date pas d’hier. Il a débuté dans les années 90, naviguant notamment avec Jacques Potier sur un Shanta. Puis, comme cela arrive parfois, il s’est éloigné du circuit pendant quelques années… sans jamais vraiment décrocher.

Car le Micro, quand on y goûte, reste toujours quelque part.

Je l’ai d’ailleurs croisé sur différents plans d’eau, dont le championnat du monde en Autriche. Et au fil du temps, une évidence s’est imposée : le Micro lui manquait énormément.

Alors plutôt que de revenir simplement… il a décidé de créer.

Créer son propre bateau.

Un micro proto, entièrement construit en bois, en contreplaqué, avec une technique de collage en joint congé époxy. Un projet ambitieux, exigeant, mais surtout profondément personnel.

La construction a débuté en décembre 2023. Et après de longs mois de réflexion, de travail et de passion, le bateau est aujourd’hui sur le point d’être mis à l’eau, avec une première navigation prévue le 12 avril 2026.

Mais avant même de parler du chantier, il faut évoquer l’homme.

Rémi, c’est quelqu’un de très habile de ses mains, mais aussi un esprit inventif. Un dessinateur précis, inspiré. Avant de se lancer, il a réalisé entre 200 et 300 croquis de son bateau.

Ces esquisses, que vous allez découvrir, montrent à quel point il n’est jamais à court d’idées. On y perçoit aussi immédiatement l’expérience d’un fin régatier, quelqu’un qui connaît parfaitement le Micro et ses subtilités.

Passons maintenant au chantier lui-même.

Ce qui a été, selon lui, le plus simple et le plus agréable au début, c’est la mise en place du…

chantier — la structure qui permet de maintenir le bateau pendant l’assemblage.

Ce qui a été, selon lui, le plus simple et le plus agréable au début, c’est la mise en chantier du bâti.

C’est cette structure essentielle qui permet de maintenir les couples et de monter la coque à l’envers. Et pour lui, ça a vraiment été le point de départ concret du projet. Le moment où l’idée quittait le papier pour devenir réalité.

Très rapidement, il a enchaîné avec la pose des couples — des couples en contreplaqué de 6 mm d’épaisseur

A l’été 2023, il a réalisé une dérive creuse, intégrant un lest qu’il a lui-même moulé. Ce lest vient se fixer en bas de la dérive grâce à des tiges filetées. Là encore, on retrouve son côté ingénieux et sa capacité à tout anticiper.

Mais évidemment, tout n’a pas été simple.

Ce qui a été le plus difficile, finalement… c’est le temps.

Pas moins de 120 week-ends consacrés à ce bateau. Presque chaque fin de semaine, pendant plus de deux ans, à travailler, ajuster, construire.

Et pourtant, jamais d’overdose.

Parce que ce projet, c’était bien plus qu’un bateau. C’était un moteur. Une envie. Un plaisir constant de voir la matière prendre forme sous ses mains.

Parmi les étapes plus délicates, il évoque aussi la pose de l’accastillage. Une phase toujours technique, précise… mais dans son cas, largement facilitée par tout le travail de réflexion en amont. Chaque élément avait déjà été imaginé, dessiné, intégré dans ses nombreux croquis.

En revanche, s’il y a bien une étape qui lui a semblé interminable… c’est le ponçage.

Un travail long, répétitif, parfois fastidieux. Mais là encore, il a su en tirer du positif : c’était un moment presque apaisant, propice à la réflexion. Un temps où le bateau avançait, doucement mais sûrement.

Et puis est arrivé un moment clé.

Un moment fort.

Le retournement de la coque.

Pour cette étape, il a fait appel à des amis. Il fallait être nombreux, coordonnés… et tout s’est fait à la main. Un vrai moment de partage.

Et surtout, un moment chargé d’émotion.

Parce qu’une fois la coque retournée, il ne voyait plus simplement un chantier… mais déjà un bateau.

La forme était là. Les lignes. L’essentiel.

Il manquait encore le pont, bien sûr, mais pour la première fois, le projet prenait toute sa dimension.

C’était concret.

C’était réel.

La suite s’est poursuivie avec le pontage et la construction du rouf, toujours en contreplaqué collé à l’époxy.

Et puis, un autre moment très fort est arrivé.

Le collage des dernières plaques de pont.

Ce moment précis où, pour la première fois, la coque est entièrement fermée.

Là, il y a eu une vraie émotion.

Parce que cette fois-ci, ça y est…

Le bateau était là.

Complet dans sa structure.

Après des mois de travail, de réflexion, d’efforts… il avait devant lui une coque terminée. Son bateau.

Il ne reste désormais plus que les finitions : la peinture et le vernis.

Sous la flottaison, il a fait le choix d’une peinture noire. Un choix loin d’être anodin, car le noir est une couleur exigeante : elle révèle le moindre défaut. Cela l’a donc obligé à travailler encore davantage, à affiner, à corriger, pour atteindre une coque la plus parfaite possible.

Pour le reste du bateau, il a fait un choix différent : le vernis.

Un choix à la fois pratique et esthétique. Pratique, parce qu’il évite certaines contraintes liées à la peinture. Mais surtout esthétique… car c’est clairement un amoureux du bois, du travail bien fait, du bel ouvrage. Et il faut le dire : le rendu est superbe. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Au final, pour toute la coque — entre les matériaux, la stratification et les produits — le coût global de cette construction s’élève à environ 5000 euros. Un budget maîtrisé, au regard de la qualité et de l’originalité du projet.

Côté gréement, il a également fait preuve d’ingéniosité.

Il a récupéré un mât carbone de 5o5, ainsi qu’une bôme carbone, qu’il a retravaillés à partir d’un mât cassé. Le mât, Le mât, étant légèrement court, son emplanture est directement posée sur le pont du bateau.

Concernant les voiles, il a opté pour une coupe avec une corne relativement faible. L’objectif est clair : abaisser le centre de poussée vélique, pour obtenir un bateau plus équilibré et plus sain à la navigation.

Conclusion

Et au final… ce projet est bien plus qu’une simple construction.

C’est l’histoire d’un retour.

Le retour d’un passionné vers une jauge qui ne l’a jamais vraiment quitté.

C’est aussi la démonstration que, encore aujourd’hui, la construction amateur a toute sa place. Qu’avec de la patience, de la rigueur, et surtout beaucoup de passion, il est possible de concevoir et de réaliser un bateau performant, unique, et profondément personnel.

Ce micro proto, ce n’est pas seulement un bateau.

C’est le reflet de centaines d’heures de travail, de dizaines de choix techniques, de centaines de croquis… et d’une envie intacte de naviguer.

C’est un projet mené avec le cœur autant qu’avec les mains.

Et dans quelques jours, lorsqu’il touchera l’eau pour la première fois, ce ne sera pas seulement une mise à l’eau…

Ce sera l’aboutissement d’une aventure humaine.

Et sans doute aussi, le début d’une nouvelle histoire.