Championnat de FRANCE – GPEN Crozon Morgat 13 – 16 mai 2026

Du 13 au 16 mai, la baie de Crozon-Morgat a accueilli le championnat de France dans le cadre du prestigieux Grand Prix de l’École Navale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette édition a immédiatement donné le ton : engagée, sportive et particulièrement intense dès les premières manches.

Avant même de parler de régate, il faut souligner la qualité de l’accueil réservé aux concurrents. Malgré des prévisions météo particulièrement inquiétantes, toute l’équipe du GPEN ainsi que le club de Crozon-Morgat ont assuré une organisation irréprochable. La mise à l’eau a été parfaitement orchestrée, fluide et efficace, avec un accueil chaleureux comme les équipages aiment en trouver sur ce type d’événement majeur.

Au départ, l’organisation souhaitait séparer les séries avec deux départs distincts : un pour les R1, R2 et L, et un autre pour les séries A et B. Finalement, après échange avec les concurrents, la décision a été prise d’envoyer toute la flotte sur un seul parcours avec un départ commun. Une configuration qui allait rendre les débats encore plus spectaculaires dans des conditions déjà extrêmement musclées.

Car cette première journée restera clairement comme l’une des plus physiques de ces dernières saisons. Les prévisions annonçaient déjà entre 18 et 25 nœuds accompagnés de fortes précipitations. Mais sur l’eau, la réalité sera encore plus brutale. Rafales violentes, pluie battante… et même de la grêle viendront accompagner les équipages. La capitainerie du port annoncera finalement des rafales dépassant les 30 nœuds, offrant un terrain de jeu particulièrement exigeant pour l’ensemble de la flotte.

Dans ces conditions très engagées, les protos des catégories R1, R2 et L ont immédiatement montré leur potentiel. KUMPALKA et HURLE-VENT vont se livrer un superbe duel dès les premières manches, terminant respectivement 1-2 et 2-1, imposant leur rythme au classement général des prototypes.
PANGOLIN sera le premier malheureux, il casse son mât suite à une rupture d’axe de ridoir. BRISKA lui va reprendre ses marques après un longue absence.

Mais derrière eux, un bateau de série A va créer la surprise et impressionner tout le monde sur l’eau : un Express 600 particulièrement véloce dans la brise. Extrêmement performant tout au long du championnat, il remporte les deux premières courses au classement temps compensé et en temps réel, démontrant une maîtrise remarquable dans ces conditions très compliquées.

Chez les micros, NEREID signe également une très belle entrée en matière. Le Bobsail réussit à accrocher une superbe deuxième puis quatrième place, preuve d’une excellente gestion du bateau dans cette mer difficile et sous des rafales parfois impressionnantes.

De son côté, IZNOGOUD limite très bien géré cette première journée particulièrement piégeuse en allant chercher des places de 4 puis 3, restant pleinement dans le match malgré des conditions où la moindre erreur pouvait coûter très cher.

Il faut également saluer la présence des micros sur l’eau durant cette première journée dantesque. GO FAST, SEBOLAVY et SOMNIUM ont courageusement pris le départ et affronté ces conditions extrêmes avec beaucoup d’engagement. À l’inverse, VAGHERRA et IDEFIX ont préféré rester raisonnablement au port, estimant que les conditions étaient devenues trop violentes pour naviguer sereinement. Une décision sage au regard de la météo du jour et des rafales enregistrées sur zone.

Cette première journée aura en tout cas parfaitement lancé ce championnat de France version GPEN : du vent, de l’engagement, des écarts très serrés et déjà quelques performances marquantes qui annonçaient une suite de championnat passionnante.

Pour conclure cette première journée particulièrement éprouvante, tous les concurrents auront apprécié un moment de réconfort bien mérité autour d’un excellent rougail saucisse. Après plusieurs heures passées à lutter dans plus de 30 nœuds, sous la pluie et même la grêle, l’ambiance à terre retrouvait rapidement ce qui fait aussi le charme de ces grands championnats : convivialité, bonne humeur et longues discussions de ponton autour des exploits et des frayeurs de la journée.

Après une nuit réparatrice, la flotte retrouvait dès le lendemain des conditions encore très soutenues. Le deuxième jour allait de nouveau se courir dans du vent fort, avec 15 à 25 nœuds dans les rafales. Des conditions toujours physiques qui allaient continuer à mettre les équipages et le matériel à rude épreuve.

Chez les R1 et R2, la bataille entre HURLE-VENT et KUMPALKA promettait encore d’être somptueuse. KUMPALKA réalise d’ailleurs un très bon début de journée en terminant deux fois deuxième, restant parfaitement au contact au classement général. Mais dans la troisième course, le sort va malheureusement s’acharner sur l’équipage. Une barre de flèche casse en navigation. Heureusement, grâce à une réaction extrêmement rapide et lucide de l’équipage, le pire sera évité. En s’apercevant immédiatement de l’avarie, ils affalent sans attendre et réussissent à sauver le mât in extremis. Une très belle démonstration de maîtrise et d’expérience dans des conditions où tout peut basculer en quelques secondes.

Cette casse va néanmoins mettre fin à leur championnat et ne laisser plus que deux protos réellement en lice pour le titre.

Dans ce contexte, HURLE-VENT continue son impressionnante démonstration de vitesse et de régularité. Le bateau remporte trois des quatre courses de la journée, imposant un rythme infernal à toute la flotte. Mais la quatrième manche voit le retour remarqué de BRISKA, qui signe une très belle victoire et revient fort dans la compétition.

Dans les séries A et B, l’Express 600 poursuit quant à lui un véritable sans-faute. Intenable dans ces conditions de vent soutenu, il termine cette deuxième journée avec six victoires en six courses disputées. Une domination impressionnante qui marque tous les concurrents présents sur l’eau.

Derrière, NEREID reste solidement au contact. Grâce à trois nouvelles places de deuxième, le Bobsail consolide une confortable avance au classement général des micros à l’issue de cette journée particulièrement intense.

À noter également la très belle performance de Go Fast, qui va chercher une superbe troisième place lors de la quatrième course, récompensant un engagement constant dans des conditions loin d’être simples.

Mais cette cinquième manche sera aussi marquée par un incident particulièrement marquant pour toute la flotte. Sous spi, IDEFIX part à l’abatée et se couche violemment. Malheureusement, ni la porte ni le capot n’étaient fermés. Le bateau commence alors rapidement à se remplir d’eau. Malgré l’intervention rapide des sécurités présentes sur l’eau, il sera impossible de redresser le micro.

La SNSM devra finalement intervenir. Lors de la tentative de remorquage par la dérive, celle-ci casse malheureusement sous les efforts. Le bateau sera ensuite ramené coque retournée jusqu’au port, dans des conditions très délicates et avec tous les risques que cela comporte. Le mât finira par casser, les voiles seront lourdement endommagées, et c’est avec énormément de tristesse que tous les concurrents verront rentrer IDEFIX au port, retourné, laissant seulement une trentaine de centimètres de coque émerger au-dessus de l’eau.

Cet accident rappelle avec force une règle essentielle de sécurité en micro : Neptune ou pas, quelles que soient les conditions ou le bateau, nous devons tous naviguer capot fermé. Une leçon dure, mais précieuse, que chacun retiendra à l’issue de cette journée particulièrement engagée.

La soirée permettra heureusement à tout le monde de relâcher un peu la pression. Autour d’un plat de spaghetti bolognaise, les équipages retrouveront l’ambiance chaleureuse propre aux championnats : refaire les manches, commenter les choix tactiques, raconter les surfs, les frayeurs et, bien sûr, refaire le monde jusqu’au bout de la nuit.

Pour cette dernière journée de championnat, le décor change complètement. Après deux jours de vent fort, de grains et de conditions particulièrement physiques, la rade de Crozon-Morgat offre cette fois un tout autre visage aux concurrents.

Le départ sur l’eau se fait sous une pluie battante, dans une ambiance presque irréelle. Le vent est très faible et la visibilité parfois quasi nulle, donnant à cette matinée une atmosphère lourde et humide bien loin des surfs et des rafales des premiers jours. Les équipages quittent le port dans un calme trompeur, chacun sachant pourtant que cette ultime journée peut encore faire évoluer plusieurs classements.

Chez les R1, R2 et L, cependant, le suspense n’existe plus vraiment. HURLE-VENT a déjà fait parler sa vitesse et sa régularité tout au long du championnat. Le proto domine une nouvelle fois les débats lors de cette dernière journée. Sur la dernière course, le bateau coupe malheureusement la ligne de départ prématurément. L’équipage ne s’en aperçoit que tardivement et, le championnat étant déjà acquis, décide finalement de rentrer directement au port plutôt que de revenir se relancer.

Les conditions météo vont d’ailleurs évoluer radicalement par rapport au début de championnat. Le vent ne dépassera jamais les 10 nœuds et tombera même entre 4 et 5 nœuds lors du dernier bord de spi avant la réduction du parcours. Une météo qui redistribue davantage les cartes dans les séries de production, où les écarts de vitesse deviennent beaucoup plus faibles.

En R1 et R2, les jeux sont donc faits. HURLE-VENT s’offre logiquement le titre après un championnat extrêmement solide, tandis que Briska vient chercher une très belle deuxième place finale après sa montée en puissance progressive au fil des manches.

Dans les séries A et B, en revanche, plusieurs positions restent encore à jouer. Si les trois premières places semblent quasiment verrouillées avant cette ultime journée, la bataille pour la quatrième place promet d’être intense entre GO FAST et IZNOGOUD.

L’Express 600, ultra dominateur dans la brise lors des premiers jours, voit cette fois son avantage diminuer dans le petit temps. Le bateau continue malgré tout d’impressionner en remportant les deux premières courses du jour, lorsqu’il reste encore un peu d’air sur le plan d’eau. Mais dès que le vent mollit franchement, la hiérarchie devient beaucoup plus ouverte.

La dernière course est remportée par NEREID, toujours extrêmement régulier et performant tout au long du championnat. Mais la belle surprise de cette journée vient du petit Maraudeur K D’EAU barré par Kénaël, qui réalise une superbe fin de championnat. Le bateau remporte l’avant-dernière course avant de terminer deuxième de la dernière manche, une performance remarquable qui lui permet de remonter sensiblement au classement général.

Dans la bataille très disputée entre GO FAST et IZNOGOUD, c’est finalement le NEPTUNE IZNOGOUD qui prend l’avantage lors de cette dernière journée et sécurise sa position au classement final grâce à une meilleure régularité dans le petit temps.

Il faut également avoir une pensée pour le dernier micro de la flotte, le petit First 18 LE FOULQUE, qui aura lui aussi marqué ce championnat à sa manière. Souvent contraint de fermer la marche face à des bateaux plus récents, plus puissants ou mieux armés pour ces conditions très engagées, il n’a pourtant jamais rien lâché durant toute l’épreuve.

Avec son petit rating et des conditions météo particulièrement exigeantes tout au long du championnat, chaque manche relevait presque de l’exploit pour cet équipage. Mais à force de ténacité, de régularité et d’envie, le First 18 réussira malgré tout à aller chercher une très belle seizième place sur les dix-huit bateaux présents. Une performance qui mérite largement d’être saluée tant l’écart de potentiel avec certains concurrents était important.

Le championnat s’achève ensuite à École Navale lors de la remise des prix, dans une ambiance à la fois détendue et heureuse après quatre jours particulièrement riches sur l’eau.

Sans réelle surprise au vu des performances observées tout au long de la semaine, les deux micros protos dominent le classement R1-R2et L avec Hurlevent en tête devant BRISKA. Dans les séries A et B, NEREID vient décrocher une superbe deuxième place finale tandis qu’IZNOGOUD termine au pied du podium après un championnat très solide et régulier.

Et comme souvent au GPEN, cette belle aventure se conclut autour d’un dernier moment convivial, cette fois avec un bon couscous partagé à la cantine de l’école navale. L’occasion pour tous les équipages, bénévoles et organisateurs de revenir une dernière fois sur les moments forts de cette édition particulièrement sportive.

Un immense merci à tous les bénévoles, au club de Crozon-Morgat ainsi qu’à toute l’organisation du Grand Prix de l’École Navale pour la qualité de l’accueil, de la logistique et de l’organisation tout au long de ce championnat de France. Malgré des conditions parfois très dures, cette édition restera comme un très grand cru, aussi intense sur l’eau que chaleureux à terre.

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