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Championnat National MICRO – ANCRE 1 au 3 mai 2026

Sous un soleil généreux et sur les eaux paisibles de l’Erdre, le Championnat National Micro 2026 a donné le ton dès cette première journée : sportif, imprévisible… et résolument convivial.

Dès le briefing du matin, le décor est planté : crème solaire indispensable, mais côté vent, il faudra faire preuve de patience. Capricieuse, la brise joue à cache-cache avec les nerfs des équipages. Pourtant, fidèle à sa réputation, le comité de course ne lâche rien et parvient à lancer deux manches dans ce petit temps technique où chaque risée compte.

Et là… coup de théâtre. Ou plutôt double coup de maître.

Un nouveau venu attire tous les regards sur le plan d’eau : un prototype construit artisanalement par Rémi, tout de bois verni, aussi élégant qu’audacieux. Mais au-delà de l’esthétique, c’est la performance qui impressionne. Baptisé MICRO MACHINE, le bateau survole littéralement les débats. Réglages millimétrés, trajectoires propres, vitesse constante : il s’impose sans contestation sur les deux manches du jour, intouchable dans ces conditions légères.

Derrière, la bataille fait rage pour rester dans son sillage. Les autres prototypes tentent de répondre au défi. TOUPIDEK se montre particulièrement solide, enchaînant deux belles places de deuxième, tandis que PANGOLIN alterne avec une manche accrochée et une autre plus compliquée.

Mais il ne faudrait pas oublier la flotte des NEPTUNE (8 bateaux), bien décidée à ne pas jouer les figurants. IZNOGOUDet GWADA V s’accrochent avec détermination, livrant une opposition sérieuse et terminant à des places de 4 et 2 pour le premier et 5 et 4 pour GWADA des positions très honorables sur ces deux premières courses.

Sur l’eau, la compétition est bien réelle. Mais à terre, c’est un tout autre tempo qui s’installe.

Le soir venu, place à la tradition : une auberge espagnole improvisée entre concurrents, où les récits de navigation se mêlent aux éclats de rire. Et comme souvent, le clou du spectacle vient du club de Mantes, avec leur désormais légendaire punch, qui rassemble les équipages dans une ambiance chaleureuse et fraternelle.

Une première journée à l’image de la classe Micro : engagée sur l’eau, mais toujours portée par cet esprit de partage qui fait toute sa richesse. La suite promet d’être tout aussi palpitante.

Pour cette deuxième journée, le décor change subtilement… mais l’intensité monte clairement d’un cran.

Le vent, un peu plus installé, offre enfin de quoi faire glisser les Micros comme ils aiment. Sur l’Erdre, le cadre est toujours aussi somptueux : châteaux en toile de fond, lumière changeante… une vraie carte postale pour ceux qui peuvent lever le nez. Car pour d’autres, pas question de flâner : les réglages demandent une attention constante, et chaque variation de pression impose d’être sur le qui-vive.

Le départ est donné dans un vent de 5 à 6 nœuds, avec un premier bord de dégagement, avant d’envoyer les spis pour une longue descente vers Sucé-sur-Erdre. Et là, Consternation, le mât de MICRO MACHINE casse !
Une heure de navigation portante, stratégique et engagée, où les écarts restent contenus… jusqu’au moment où tout bascule.

À hauteur de Sport Nautique de l’Ouest, le ciel rappelle qu’on navigue dans un système orageux. Une rafale brutale s’abat sur la flotte. Là, plus de place pour l’hésitation : certains affalent en urgence, d’autres partent à la faute et se couchent — sans gravité heureusement, mais avec une bonne montée d’adrénaline. Ceux qui tiennent bon sous spi dans cette claque de vent creusent immédiatement l’écart.

La course se découpe alors nettement. À l’avant, six bateaux s’échappent et livrent une bataille intense, faite de placements millimétrés et de relances musclées. PANGOLIN et TOUPIDEK croisent le fer en tête, mais derrière, la riposte s’organise : IZNOGOUD, SOMIUM et GWADA montent en puissance et termine et terminent fort.

Et cette fois, le verdict est sans appel… du moins en temps compensé. Si les protos conservent leur avantage en temps réel, ce sont les NEPTUNE qui frappent fort au classement : IZNOGOUD et GWADA s’emparent des deux premières places, devant SOMNIUM, auteur d’une très belle manche qui termine à la cinquième place.

Arrivés plus tôt que prévu à Sucé-sur-Erdre, le comité de course tente d’enchaîner avec un retour en mode régate vers le Club nautique de l’Ancre. Mais le vent, devenu instable et capricieux, complique sérieusement la donne. Oscillant, irrégulier, il menace l’équité sportive de la manche.

Lucide, le comité préfère ne pas forcer le jeu : la flotte est renvoyée au club sans classement pour cette tentative, dans l’attente de conditions plus fiables.

De retour sur le bassin du Club nautique de l’Ancre, le ton change radicalement. Le système orageux est désormais bien installé, et le plan d’eau de l’Erdre se transforme en véritable terrain de jeu… exigeant.

Les nuages défilent, les rafales claquent de plus en plus fort, et les équipages doivent composer avec des conditions nerveuses, parfois à la limite. Sur l’eau, ça chauffe dès les départs : lignes tendues, engagements serrés, et plusieurs rappels généraux. Pour calmer les ardeurs, le comité n’hésite pas à hisser le pavillon U, rappelant à tous que la moindre précipitation peut coûter cher.

Dans ce contexte musclé, les protos continuent d’imposer leur rythme en temps réel. PANGOLIN et KUMPELKA mènent la danse, mais un invité surprise vient bousculer la hiérarchie : IL FURIOSO, côté NEPTUNE, réalise une manche remarquable. Troisième sur l’eau, il se hisse à la deuxième place au temps compensé, devançant même des protos en temps réel comme ACOUPHON et TOUPIDEK.

Le vent monte encore d’un cran pour la manche suivante… et rebat les cartes. Cette fois, KUMPELKA prend sa revanche et passe devant PANGOLIN, suivi de ACOUPHON Derrière, un autre NEPTUNE s’invite dans le match, GALOPIN signant une belle quatrième place en temps réel, synonyme de deuxième au compensé. La flotte est plus que jamais mélangée : puissance des protos d’un côté, régularité et maîtrise des Neptune de l’autre.

Mais c’est la dernière course qui va marquer les esprits.

Avec des rafales flirtant avec les 20 à 22 nœuds, la navigation devient franchement engagée. Les spis sont à la limite, les trajectoires tendues, et les figures de style — parfois involontaires — se multiplient. PANGOLIN reste solide en tête, devant ACOUPHIN, tandis que IL FURIOSO confirme sa grande forme en s’accrochant à nouveau aux avant-postes et en prenant la deuxième place au compensé.

Le vent, lui, ne pardonne rien. Une manœuvre mal négociée et c’est l’incident : SOMNIUM et GALOPIN se percutent. Résultat, un trou dans la coque SOMNIUM, et un bateau quasi couché pour l’autre, qui peine à repartir. Une opportunité dont profite IZNOGOUD, qui s’infiltre juste avant la ligne — lui-même passé tout près de la correctionnelle lors d’un affalage de spi sous grosse rafale.

Ces situations limites ne sont pas isolées. Partout sur le plan d’eau, les équipages composent avec des claques brutales et imprévisibles. La décision du comité tombe alors comme une évidence : pas de manche supplémentaire. D’autant qu’à la bouée au vent, des rafales à 25 nœuds sont relevées — une intensité qui, sur un plan d’eau aussi resserré que l’Erdre, commence à devenir sérieusement engagée.

Rideau sur cette journée intense, spectaculaire et exigeante.

Mais comme toujours en Micro, la tension retombe vite une fois à terre. Les équipages se retrouvent à La Chapelle-sur-Erdre pour le repas des concurrents. L’occasion de refaire les manches, de rire des galères du jour… et de célébrer ensemble cette belle dose d’aventure partagée.

Quelle dernière journée… tendue, engagée, et profondément humaine.

D’abord, un fait marquant avant même le premier départ : le retour de MICRO MACHINE. Après les galères de la veille, l’équipage n’a rien lâché. Réparation de fortune, mât manchonné avec les moyens du bord… et les voilà de retour sur l’eau. Plus qu’un simple comeback, c’est une démonstration de détermination, d’ingéniosité et d’esprit Micro. Un grand coup de chapeau à tout l’équipage.

Au matin, tout reste ouvert. Trois, voire quatre bateaux peuvent encore prétendre au titre de champion national. Autant dire que chaque manche va compter double. Mais le comité doit d’abord composer avec un vent capricieux, mal orienté, rendant la mise en place du parcours délicate sur l’Erdre. Après quelques ajustements, la 7ᵉ course est lancée.

Et elle est à l’image de l’enjeu : nerveuse.

Dans ces conditions instables, c’est TOUPIDEK qui tire le mieux son épingle du jeu. Solide, lucide, il s’impose en temps réel. Juste derrière, le Neptune GALOPIN crée la surprise en s’intercalant devant plusieurs protos, notamment PANGOLIN, Micro Machines et KUMPELKA. Une manche clé… où les favoris trébuchent : IL FURIOSO et IZNOGOUD terminent plus loin, 9ᵉ et 10ᵉ. Tout est relancé, et même GALOPIN peut encore y croire.

La dernière manche du championnat va se jouer sous haute tension.

Après un rappel général, la présidente du comité de course sort le pavillon noir. Message clair : tolérance zéro. Les nerfs sont à vif, les départs millimétrés, et chacun sait que le titre se joue ici.

Le vent reste léger, piégeux. La bouée au vent se mérite. Dans ce contexte, ACOUPHON réussit à faire la différence et s’échappe. Derrière, les protos reprennent la main : PANGOLIN, KUMPELKA, MICRO MACHINE se battent pour les places d’honneur. Mais au cœur de cette mêlée, IZNOGOUD réalise une manche décisive en s’intercalant juste devant TOUPIDEK.

Et c’est là que tout bascule.

Au terme de ce championnat haletant, la victoire se joue à… un point. Une seule unité d’écart après des jours de bagarre sur l’eau.

IZNOGOUD est sacré champion national Micro 2026, pour un petit point devant Pangolin. Une victoire construite sur la régularité, la ténacité et une capacité à répondre présent dans les moments clés.

Derrière les résultats, il y a aussi ce qui fait l’âme de cette classe.

Un immense merci au Club nautique de l’Ancre pour son accueil irréprochable : organisation fluide, mise à l’eau efficace, sorties de bateaux parfaitement orchestrées au tracteur, et cette équipe de bénévoles toujours souriante — que ce soit sur l’eau ou derrière le bar.

Merci également à la présidente du comité de course et au président du jury pour leur gestion juste et engagée tout au long de l’épreuve, malgré des conditions parfois complexes.

Un championnat intense, indécis jusqu’au bout, où performance rime avec passion… et où l’on reviendra, sans hésiter.

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